Méharée - Voyage de caravane



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Le départ


Règle numéro un: se tenir au guidon tout le long ! Et c'est le départ de cette caravane, à pieds ou à dos de dromadaire, accompagné et guidé par des hommes du désert expérimentés. Idir chante le chanson de toutes les caravanes en partance : La il la il Allah… Après la traversée du lit du Drâa, malheureusement complètement desséché depuis longtemps, nous arrivons dans des gorges avec leur formation bizarres et fascinantes.



Nous laissons les gorges derrière nous et arrivons sur une grande plaine, entourée de collines avec des formes qui nous laissent libre cours à notre imagination. Le sol est parsemé par de milliards des différentes pierres et cailloux de toutes formes et couleurs imaginables; parfois nous trouvons des petits coquillages. En marchant dans la plaine, dans ce silence, peut-être seulement coupé par un dialogue entre chameliers ou le bruit du vent, nous pouvons facilement entrer dans une méditation.

Avançant avec toujours le même rythme et une vitesse agréable, nous commençons à nous harmoniser, à entrer dans notre intérieur, dans notre paix. Mais cela permet aussi d'observer le bavardage de notre mental….. De même en étant assis sur le dromadaire. Même une petite sieste, en se tenant fermement au guidon, a été observée. L'espace de ce ciel et cet univers sans fin laisse libre cours aux pensées, permet tout à coup une ouverture d'esprit, une respiration profonde de l'air beaucoup plus pur. Cette marche méditative se termine par une pause, le dîner ou le souper. A midi, notre chamelier-cuisinier installe sa cuisine et nous prépare un repas simple mais très bon, pendant qu'Idir prépare le thé sur un petit feu de bois. A midi, une petite sieste sur le tapis, protégé du soleil, avant de reprendre l'élan pour la suite.



Avant le coucher du soleil, les chameliers visent une place pour la nuit, si possible près de nourriture pour les dromadaires. Sinon, ils risquent de s'éloigner beaucoup trop loin pendant la nuit pour manger. S'il n'y a rien, surtout si nous campons dans les dunes, Idir doit attacher une jambe à ces dromadaires pour les empêcher de marcher trop vite. Saviez-vous que les dromadaires ne dorment pas? Cela en fait aussi de bons gardiens.



Pour la nuit, une tente est dressée pour faire la cuisine et s'il y a trop de vent, pour être à l'abri pour dormir (pour les touristes). Nous avons chacun un petit matelas et une couverture, et en utilisant le sac de couchage, cela suffit pour dormir à la belle étoile. Mais avant de se reposer, il y a le souper et ensuite, suivant l'ambiance, notre orchestre de chameliers peut s'improviser avec les bidons comme tam-tam. Nous participons volontiers à leurs chants et leurs danses, tout en frappant les mains, en riant autour du feu. Le bois a été amené par les femmes... Dans les dunes, Idir nous prépare avec plaisir un lit dans le sable, sur la crête d'une dunette, et nous dormons comme eux.



C'est le lever du soleil qui nous réveille le matin et Ahmed nous sert notre petit déjeuner, simple mais nourrissant. On peut demander un sceau d'eau pour se laver ou faire l'expérience de ne pas se laver ou se frotter avec le sable. Comme j'ai apporté une cafetière italienne, le café est aussi au rendez-vous. Les chameliers vont chercher les dromadaires et la journée commence par le chargement, avec la même question avant chaque départ: "Qui monte, qui marche ?". Et c'est parti pour une autre journée de marche, de méditation, de rêve, en se réjouissant de la beauté, de la diversité, du silence, de cette énergie pure. Les sens sont plus aigus, nous sommes plus sensibles aux éléments qui nous entourent : le soleil, le vent, la terre et l'eau qui nous rafraîchit. Peut-être allons-nous passer à côté d'une tente de nomades, à moins d'en croiser un ?



Par moment, le sentiment d'être comme isolé du monde dans ce décor incroyable... Avec l'arrivée des dunes, tout le monde est saisi! Leurs formes, sculptées par le vent depuis des siècles et des siècles, leurs dessins par les "mains invisibles" du vent, dans toute leur simplicité et beauté, retiennent notre souffle pour un moment. Et ceux qui ont un appareil photo ne peuvent plus s'arrêter…Vite se déchausser et grimper sur la crête - quelle vue !

Le moment le plus magique est le coucher de soleil : "pourvu que le ciel soit dégagé". A travers des nuages, la coloration du ciel et les rayons de soleil peuvent devenir un scénario qui ne semble plus être de ce monde. Féerique ?

Ce soir, un des chameliers va pétrir la pâte et nous allons suivre avec curiosité la cuisson du pain dans le sable, entre les charbons. C'est le meilleur pain du monde…. Avant de s'endormir dans cet hôtel "mille étoiles", nous pouvons encore admirer ce ciel avec sa voie lactée, le scruter pour guetter une étoile filante. Vite, ne pas oublier le vœu.

Pendant la pleine lune, on souhaite parfois éteindre cette lampe... C'est tellement lumineux qu'on pourrait lire le journal. Plus nous avançons dans ce voyage de caravane, plus nous sommes apaisés. Nous sentons notre propre être, nous nous rendons compte de ce peu dont nous avons besoin. Avec ce minimum, nous sentons une liberté, le mental est aéré et moins en marche à grande vitesse. Beaucoup de personnes ont des prises de conscience par rapport à leur façon d'être, à quoi ils sont attachés, à quoi ils se cramponnent, à quel point certains soucis sont un poids inutile. Bref, une sérénité se fait sentir, une détente s'installe, la paix prend place dans les cœurs.



A la fin de cet aventure magique du désert, nous arrivons près de M'Hamid où nous attendons le dromadaire moderne : le 4x4, qui nous ramène à Tinfou. Sont encore prévus des visites de lieux sacrés et des kasbahs avant de reprendre la route pour Ouarzazate…
 


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